Faire carrière dans le web: Chroniques de métiers 2.0

Numéro dossier: 70

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Retour à nos artistes en herbe avec l’un des métiers les plus récents sur le marché du travail : Motion Designer. Sid Ali Sabaou a « toujours eu une passion pour l’animation », et il y a une époque où produire des contenus animés était le rêve d’une foule de gosses à l’imagination débordante, et dopée aux mangas. 3ème chronique d’un métier du web tout en mouvements…


Chronique d’un Motion Designer, avec Sid Ali Sabaou



Le rôle du Motion Designer est de réaliser des contenus animés sous forme de messages publicitaires. Ces derniers sont le plus généralement diffusés, d’une part sur le web en tant que bannières publicitaires (on parle aussi de « Rich Media » lorsque ces contenus sont interactifs), et d’autre part comme spots TV, destiné donc à être diffusés sur une chaine de télévision.


" J’ai toujours voulu faire de l’animation. A l’époque où j’étais encore étudiant en arts graphiques, je m’amusais à créer des animations pour des mini-projets qu’on nous demandait de faire alors que ce n’était même pas prévu dans le cursus… Toutefois, ça n’était pas évident de trouver du travail en tant que Motion Designer, car la demande y était quasiment absente jusqu’à quelques années de cela. En parlant de rêve et d’animation, je ne peux ne pas évoquer ce grand maître de l’animation japonaise «Hayao Miyazaki » qui, grâce à son génie, est devenu une grande source d’inspiration et de motivation pour pas mal de gens de ce domaine… Il se trouve que je fais partie de ces gens-là ".


Sid Ali Sabaou est donc arrivé à se lancer dans une carrière de Motion Designer, et malgré les options de formation limitées sous nos cieux, il a maximisé ses chances à travers le parcours qu’il nous raconte.


" En Algérie, il n’y a malheureusement pas de cursus dédié pour se professionnaliser dans cette branche. Il existe bel et bien des formations destinées à la maîtrise de logiciels (3D, Flash), et donc plus axées technique, mais cela est loin d’être suffisant à mon avis. Pour ma part, le fait d’être diplômé en arts graphiques était loin d’être suffisant. J’ai dû (comme beaucoup de créatifs et designers en Algérie), m’auto-former pour « compléter» cette insuffisance là, que ce soit et du côté théorique (composition, animation, couleurs,…), que du côté pratique et technique (maitrise des logiciels). Les bons Motion Designers d’aujourd’hui sont ou ont été le plus souvent de bons designers. C’est donc un avantage de choisir une filière artistique, avant de se lancer dans des formations pour maitriser les logiciels de 3D, d’effets spéciaux, etc. Chose qui est je pense accessible à toute personne motivée. J’ajouterais que pour moi, la principale inspiration et formation se trouve sur Internet. Il est donc important de faire de la veille, lire des articles sur le Net, visiter des blogs, etc ".


On ne s’improvise donc pas Motion Designer et l’acquisition des compétences est plus simple si l’on correspond au profil de Sid Ali Sabaou. Les outils qui font un bon Motion Designer sont autant d’ordre logiciel, que d’ordre personnel.


" Comme pour chaque métier du domaine artistique, la créativité et une bonne vision artistique sont des qualités essentielles. En plus des notions de base telles que la composition, la typographie, et la couleur, le Motion Designer doit savoir utiliser les aspects de la physique à son avantage: un objet léger ne va pas être animé (vitesse, déformation,…) de la même manière qu’un objet lourd par exemple. Côté software, en plus des logiciels de retouche d’images comme Adobe Photoshop, de dessin vectoriel comme Adobe Illustrator, et Autodesk Maya pour la 3D qui permettent de préparer les éléments graphiques qui vont être animés par la suite, il faut savoir utiliser Adobe Flash, principalement pour les animations vectorielles qui sont légères et donc pas très gourmandes niveau bande passante, parfaites pour être diffusées sur le web. Il y a aussi Adobe After effects, pour des animations plus complexes et pour d’éventuels effets spéciaux. Il faut savoir que le métier de Motion Designer est un métier relativement nouveau. Il y a quelques années, il aurait été impossible d’avoir un tel statut professionnel. En Algérie, le possesseur de ce statut peut travailler dans une boite de communication interactive et donc réaliser principalement des campagnes publicitaires sur le web ou encore grâce à la privatisation de l’audiovisuel, travailler sur des spots TV pour des chaines de télévision ".


« Je te lance un défi : tu as 48 heures pour écrire et m’envoyer un article sous le thème « ADSL en Algérie, une vitesse de tortue » », me disait Samia Addar, coordinatrice de rédaction de N’TIC Magazine, 5 minutes après notre première rencontre. Deux ans plus tard, la chronique de mon métier du web continue à s’écrire parmi les pages que vous lisez, et nul doute que bien d’autres chroniques minées d’anglicismes indistincts contribuent à faire murir notre web juvénile. Il ne reste donc plus qu’à se lancer !


ZIOUCHI Oussama