Marché de l’informatique : Pénurie et hausse des prix

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Une demande exceptionnelle sur les équipements informatiques

Parallèlement à la crise qui frappe le marché de l’informatique en raison de la mise en application de la loi relative au crédit documentaire imposé aux importations, une forte demande sur les équipements informatiques marque ce marché aujourd’hui fragile. Un véritable déséquilibre est constaté ces derniers temps entre l’offre très modeste et la demande exceptionnellement élevée. Outre les particuliers, des administrations ont commandé des équipements informatiques suite à la décision gouvernementale d’adopter le passeport biométrique.  « Les sous-traitants des administrations nous demandent de les équiper pour faire face aux exigences liées à la généralisation du passeport biométrique », explique un importateur rencontré au Sicom. D’autre part, des hôpitaux et des écoles en quête de modernisation ont renforcé les rangs des demandeurs d’outils informatiques en tous genres. La crise qui frappe le secteur de l’informatique arrive vraisemblablement au mauvais moment.

Les retards d’un marché

Après une évolution relativement rapide, le marché algérien de l’informatique vit depuis l’été dernier une crise qui ne semble pas près de toucher à sa fin, à en croire les professionnels les plus avertis. Le crédit documentaire, imposé aux importateurs de manière générale, est à l’origine de la situation difficile que connaît ce marché alimenté, à quelques pièces près, de façon exclusive par les importateurs. C’est précisément pour cette raison que l’on considère qu’il s’agit de l’un des secteurs les plus affectés depuis la mise en place du crédit documentaire qui, aujourd’hui, angoisse aussi bien les importateurs que leurs fournisseurs.

L’objectif déclaré lors de la mise en application de cette disposition légale était de mettre de l’ordre au niveau du marché algérien dans sa globalité. Précipitée pour certains, brutale pour d’autres, l’adoption du crédit documentaire pour toute action d’importation a eu l’effet d’une tornade au lieu du vent de changement positif que beaucoup attendaient. Sur le terrain, les banques peu préparées et quelque peu inexpérimentées ont été noyées sous un flot de dossiers déposés par des importateurs paniqués. Un changement de mode de fonctionnement qui a eu des effets immédiats. Un dysfonctionnement en  provoquant un autre, les marchandises qui trouvaient leur place dans les magasins algériens en quelques semaines depuis l’étranger y arrivent désormais avec des retards pouvant atteindre les six mois. Des retards inconcevables dans un domaine où chaque composant mute en quelques semaines seulement passant d’une version à une autre. D’aucuns ne parlent plus de retard d’acheminement d’équipements mais d’un décalage technologique impardonnable pour un pays qui s’est fixé le noble objectif de se faire une place parmi les nations « technologiquement acceptables». Il n’est presque plus la peine de rappeler l’existence et surtout l’importance du programme E-Algérie 2013 qui, de façon résumée, projette de mettre les bases d’une société de l’information. Une information qui passe, qu’on le veuille ou non, à travers et grâce à des équipements importés et, bien évidemment, supposés être disponibles, à portée de main et à prix raisonnables. Le crédit documentaire, comme solution permettant de protéger l’économie nationale, aura certainement des effets positifs à moyen ou à long terme. Le marché de l’informatique quant à lui devra rattraper ses retards : celui de l’acheminement des équipements, et celui de l’évolution d’un secteur tout entier.

Sicom 2010 : 107 entreprises au rendez-vous

Le 19ème salon international de l’informatique, de la bureautique et de la communication (Sicom) a été organisé du 15 au 21 avril dernier au palais des expositions de la Safex. 107 entreprises opérant dans le domaine des technologies et de la communication ont participé à ce rendez-vous annuel. Des entreprises publiques et privées spécialisées dans la vente de produits informatiques ou dans le développement des logiciels ont présenté leurs produits aux côtés des professionnels de la communication. Parmi les exposants, figuraient des représentants de marques mondialement connues mais aussi des sociétés algériennes proposant des produits développés localement. Les nouveautés n’étaient pas rares à ce salon. Les All in one, des ordinateurs spécialement conçus pour occuper le moins d’espace possible et présentés par la société Inforama, et le notebook créé par la société algérienne Bomare Company sur la base d’une technologie coréenne ont attiré l’attention des visiteurs. L’antivirus russe Dr. Web nouvellement introduit en Algérie n’est pas non plus passé inaperçu. Parallèlement au salon, des conférences techniques ont été animées par des experts versés dans le domaine des technologies. Une journée thématique liée à la vulgarisation du programme E-Algérie 2013 a été organisée en marge du Sicom.

M. Hamid Bessalah,  Ministre de la Poste et des Technologies de l’Information et de la Communication, qui a procédé à l’inauguration de ce salon a rappelé, à cette occasion, l’intérêt porté par le gouvernement au secteur des technologies. «Le gouvernement est convaincu que les TIC sont un instrument nécessaire et vital dans la réalisation des grands programmes et projets de développement», a-t-il souligné. Il a par ailleurs évoqué « la nécessité  de l’accélération de l’informatisation du système de gestion hospitalier, de l’usage de la télémédecine et l’introduction des contenus numérisés dans le système éducatif ». Il faut dire cependant que le Sicom 2010 a été tenu dans une conjoncture assez exceptionnelle. Le marché de l’informatique connaît depuis quelques mois un certain ralentissement en raison des nouvelles procédures imposées aux importateurs. L’augmentation des prix des équipements informatiques et leur rareté sur le marché ont été des questions évoquées par les professionnels participant à cet événement.

Pénuries et changement d’activité

La crise qui a frappé depuis l’été dernier le marché algérien de l’informatique n’a pas eu d’effets que sur les prix. Des importateurs rencontrés au Sicom 2010 parlent d’une pénurie régulière sur des produits informatiques. Il semblerait que, depuis quelques mois, des pénuries sont constatées à chaque fois sur un produit en particulier. Les délais d’acheminement des marchandises qui sont passés à six mois en moyenne ont fait que de nombreux produits se raréfient durant une période donnée. On nous informe également que certains exportateurs, en particuliers ceux qui se sont spécialisés dans les accessoires, ont préféré cesser leurs activités et choisir d’autres créneaux, l’importation des accessoires informatiques étant devenue très peu rentable.