TIC : ces chercheurs algériens qui ne font pas breveter leurs inventions

Contrairement à de nombreuses idées préconçues, l’Algérie regorge d’inventeurs et de chercheurs ingénieux. Mais un seul problème se pose : les inventeurs algériens ne brevètent pas leurs innovations.  


En effet, c’est une défaillance qui handicape sérieusement la diffusion du savoir et de la recherche en Algérie. Il n’y a pas longtemps, le directeur des brevets au niveau de l’Institut national algérien de la propriété industrielle (Inapi) est monté au créneau pour lancer un appel de sensibilisation en direction de nos chercheurs et inventeurs.

« Sur 700 à 800 brevets d’invention délivrés annuellement par notre institut, seuls 10% appartiennent à des chercheurs et/ou entreprises nationales », a fait savoir récemment le directeur des brevets au niveau de l’Inapi. « Les chercheurs et entreprises algériennes ne se bousculent pas pour le moment à nos portes pour faire breveter leurs innovations, afin de se protéger contre la contrefaçon et l’usage frauduleux de tiers », a-t-il encore déploré.

Pour remédier à ce problème, l’Agence nationale de la valorisation des résultats de la recherche et du développement technologique (ANVREDET) a organisé un atelier de formation à Bou Ismail (Tipasa) dans le but développer et diffuser la culture du brevet d’invention chez le chercheur algérien.

Des recherches et inventions diffusées sans aucune protection

Cet atelier de formation en matière de rédaction des brevets d’invention a été mis en place en coordination avec l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). Cet évènement se propose de mettre au point un " programme de travail riche en matière de rédaction des brevets d’invention dans les domaines de la biotechnologie, de la nanotechnologie, des énergies renouvelables et des Technologies de l’information et de la communication ".

A cette occasion, le directeur de l’ANVREDET, Taybi Mohamed, a plaidé pour l’association de tous les partenaires actifs, représentés notamment par les universités, les laboratoires scientifiques, les entreprises économiques et les organismes officiels, au processus de consécration de la culture du brevet d’invention.

M. Taybi a déploré enfin que les chercheurs et inventeurs algériens " diffusent leurs idées, travaux et projets, avant de leur assurer la protection nécessaire, dans le cadre d’un brevet d’invention ". D’où, a-t-il fait remarquer, " les multiples risques de piratage encourus par ces travaux ".

Le directeur général de l’ANVREDET a expliqué, dans ce contexte, qu’une majorité des études universitaires algériennes " sont sujettes au piratage ". Pour faire face un tant soit peu à ce problème, l’ANVREDET a procédé récemment à l’ouverture de cellules au niveau de 30 universités algériennes, dont la mission consistera dans le suivi de leurs projets.