Date : 01/03/2021
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7 février 2021 Rédaction Imprimer

Le Crowdfunding : catalyseur de l’entreprenariat en Algérie ?

On entend de plus de plus parler de Crowdfunding, une pratique financière à qui profite grandement la digitalisation croissante ces dernières années et qui connaît un franc succès dans de nombreux pays. Le Crowdfunding n’est autre que le terme anglophone désignant le financement participatif qui consiste globalement à financer des projets par un grand nombre de personnes.

 

Des plateformes web sont mises en place pour mettre en relation les investisseurs et les porteurs de projets qui rencontrent des obstacles financiers au développement de leur business. Une levée de fonds est alors organisée via la plateforme et les transactions sont alors totalement dématérialisées et désintermédiées.  

L’arrivée de ce concept en Algérie et sa mise en pratique tardive est principalement due aux aspects réglementaires et techniques (dont l’absence d’e-paiement).

Le Crowdfunding se présente donc comme une alternative aux pratiques de financement dites traditionnelles et participe à une nouvelle forme de diversification en termes d’épargne et de placements.   

 

Quels sont les différents types de Crowdfunding ?

 

  • Le Crowdgiving :

Comme son nom l’indique ce premier type englobe les dons sans contrepartie et qui concernent principalement les domaines associatifs et les causes sociales. Une personne physique ou morale désintéressée par le profit fait don d’une somme d’argent par philanthropie pour financer un projet donné sans rien attendre en retour.

 

  • Le Crowdlending : 

Cette seconde forme de Crowdfunding concerne les prêts : cette pratique se rapproche de la démarche des instituts bancaires. Dans ce cas-là, une personne physique ou morale accorde un prêt pour le financement d'un projet. Le prêt en question sera ensuite remboursé avec ou sans intérêts selon les modalités préalablement établies par le porteur de projet.

 

  • L’investissement participatif :

Dans ce dernier type une distinction est à faire selon la nature de l'investissement et le mode de rémunération on distingue alors :

 

  • Le financement d’une startup ou autre qui implique de faire participer un investisseur dans un projet et qu’il devienne coactionnaire ou copropriétaire de l'entreprise.
  •  Le financement d’un projet spécifique où la rémunération de l'investisseur se fait également par versements d'intérêts

 

Algérie : le Crowdfunding bientôt opérationnel 

 

Le statut de conseiller en investissement participatif (CIP) est institué dans le projet de loi de finance complémentaire 2020, en vertu de l’article 45. Ce statut est conféré aux sociétés commerciales créées et dédiées exclusivement à cette activité, aux Intermédiaires en opérations de Bourse (IOB) ainsi qu’aux sociétés de gestion de fonds d’investissement (SGFI). L’Algérie est en tête de course en ce qui concerne le Crowdfunding en Afrique, selon le ministre délégué chargé des startups. 

Le financement participatif devrait être opérationnel à partir du dernier trimestre de l'année en cours pour encourager la création de startups et la concrétisation des projets de jeunes entrepreneurs, indiquait à l’APS  Abdelhakim Berrah le président de la Commission d'organisation et de surveillance des opérations de Bourse (Cosob). 

Les premières plateformes de financement participatif algériennes ont vu le jour et beaucoup prévoient le succès du Crowdfunding dans un pays où les idées innovantes des startups rencontrent comme principal obstacle l’indisponibilité des fonds pour le financement de leurs projets.

 

 

Le Crowdfunding, une solution d’avenir ?

 

Il est difficile de prédire l’avenir de ce mode de financement en Algérie aujourd’hui. Le phénomène étant nouveau, nous ne disposons pas des données nécessaires pour prévoir le succès (ou pas) que connaîtra le crowdfunding auprès des entrepreneurs.

Au niveau mondial, si les plateformes de crowdfunding ont été jugées peu fiables par le monde économique à leur apparition, ces dernières soutenues par le grand public se développent à grande vitesse dans les sociétés où l'intérêt pour le collaboratif ne cesse de croître. 

Des plateformes telles que Kickstarter aux USA et Ulule en France sont aujourd’hui leaders du crowdfunding grâce à leur capacité à financer des projets hétéroclites : allant des micro-projets aux entreprises, dans tous les domaines (culturels, artistiques, techniques, innovations, technologies, etc.). 

Cette économie de partage, promeut des valeurs humaines qui profitent à construire une économie collaborative loin des banques et des spéculations boursières. Et compte tenu de son succès mondial il est tout à fait légitime de penser que le crowdfunding a de beaux jours devant lui dans le monde, ainsi qu’en Algérie.

 

Ninvesti : la fintech à l’Algérienne 

 

Ninvesti est l’une des premières plateformes de crowdfunding en Algérie, conçue sous forme d’une application et d’un site web. Cette initiative est la première dans son genre au niveau national. Créée par des jeunes entrepreneurs franco-algériens en 2019, et dirigée par Nazim Sini jeune entrepreneur algérien, Ninvesti se veut être « le site de référence » du financement participatif. 

Lancée en mai dernier, le but derrière cette initiative est selon ses concepteurs “de mettre en relation de jeunes créateurs d’entreprises avec des personnes désireuses investir dans des projets innovants. L'idée est de réunir ces deux acteurs -clés de l'écosystème entrepreneurial via une plateforme simple, ludique et intuitive.”

Ninvesti compte déjà de nombreuses startups désirant booster leurs projets inscrites sur sa plateforme et se fixe pour objectif de « capter les flux de devise étrangère vers l’Algérie à travers un circuit légal et conventionnel ». Une aubaine pour les jeunes entrepreneurs, face  aux difficultés qu’ils rencontrent pour obtenir une levée de fonds ou accéder à des prêts bancaires.

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