Date : 09/07/2020
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Émission « Startup » : Quand la télévision publique s’intéresse aux talents algériens

Faire de la pédagogie autour des startups, est la mission que s’est assignée Kamel Souig, journaliste-animateur talentueux à Canal Algérie dans son émission intitulée tout simplement : « Startup ».

 

Le plateau de l’émission est installé. Une équipe de techniciens s’affairent à régler les derniers détails. Il est presque l’heure du rendez-vous, « le grand jour », puisqu’il s’agit de tourner une émission spéciale qui va durer une heure au lieu des 26 minutes habituelles, avec un invité de marque : Yassine Djeridene, le Ministre de la Micro-entreprise, des Startup et de l'Économie de la connaissance du gouvernement Djerad.

Kamel Souig continue de recevoir dans le salon du studio ses invités qui arrivent parfois de très loin. Des acteurs de l’écosystème startups, mais surtout des startupeurs et de porteurs de projets venant de sept wilayas pour présenter leurs projets et exprimer leurs doléances. Ce n’est pas tous les jours qu’on a un ministre devant soi. Soudain, la sonnerie du téléphone retentit. Le ministre ne viendra pas, une réunion intempestive du gouvernement est programmée le soir même.

Imperturbable, Kamel Souig ne perd pas son amabilité, une seconde nature chez lui. Toujours affable, il invite gentiment ses invités à passer à la salle de maquillage. « Je suis habitué à ces aléas, on prévoit toujours un plan B », rétorque-t-il avec une pointe de regret tout de même. Car, pour cette émission spéciale, il a tenu à ce que ces « invités » aient un interlocuteur direct. Lui qui conçoit son émission comme « un trait d’union entre les business angels et autre bailleurs de fonds, les porteurs de projets et les pouvoirs publics ». « Notre émission aussi est une startup, elle est née d’un besoin », explique-t-il pour marquer sa proximité avec les startupeurs.

« Startups » est l’une des rares émissions de télévision qui traite de cette thématique. Bimensuelle, elle rapporte, à coup de  témoignages et de reportages, les success stories, mais aussi les préoccupations des jeunes porteurs de projets.

Le cheminement

« Le projet d’une émission qui traiterait des problématiques des startups en Algérie me taraudait l’esprit pendant des années. Depuis 2012, on a lancé ce qu’on appelle les Web Days, et à chaque fois qu’on était en face des jeunes, on sentait que leurs projets n’étaient pas assez médiatisés. Donc l’idée de créer une émission pour les startups est née de ce besoin », raconte le journaliste.

Mais l’opportunité de la créer réellement n’est intervenue que six ans plus tard, soit en 2018 à l’occasion d’un concours de BBC Média Action qui soutient les projets des chaines publiques au Moyen Orient et en Afrique du Nord. « J’avais présenté l’idée « Startup », une émission pour les jeunes startupeurs pour médiatiser leurs projets et faire connaitre l’écosystème startup en Algérie, avec ces points forts, ses points faibles et sa complexité », se souvient Kamel Souig. Et d’enchainer : « C’était pour clamer qu’une nouvelle génération d’Algériens est née, elle prend des risques parfois et elle est résolument tournée vers l’avenir avec des outils et des moyens qui appartiennent à cette nouvelle génération ».

Le projet de l’émission a été retenu dans ce concours. Puis Canal Algérie a intégré l’émission dans sa grille de programmes. Le premier numéro a été primé par le concours Média Stars, deuxième meilleure production audiovisuelle en Algérie pour l’année 2018.

Une équipe

Avec une équipe jeune et dévouée et un réalisateur en l’occurrence Ahmed Benabi, dans le « rôle de chef d’orchestre », l’émission fait la part belle au travail de terrain, en allant à la rencontre des jeunes porteurs de projets, pour les dévoiler au grand public. « L’émission demande beaucoup de tournage à l’extérieur. Nous faisons de belles rencontres au cours desquelles nous révélons le génie de notre jeunesse, à travers de magnifiques projets. Sur le plateau, on suscite le débat », explique Kamel Souig qui fait office, de présentateur, de rédacteur en chef et surtout de journaliste de terrain. « Je suis né journaliste ! », plaisante-t-il, tout en révélant sa passion pour ce « métier structurant et extraordinaire » depuis son plus jeune âge.  « A cinq ans déjà, je voulais être journaliste. J’ai toujours considéré que le journalisme est un métier qui fait la différence dans la vie. Car informer c’est structurer la vie des gens », raconte-t-il avec enthousiasme.

Une licence en journalisme audiovisuel de l’Université d’Alger en poche, il passe un stage chez Canal Algérie. « Je ne connaissais personne à l’ENTV, affirme-t-il. Je faisais des reportages jusqu’au jour où on m’a recruté ». Journaliste à Canal Algérie pendant 7 ans, il éprouve le besoin de se former encore. Il part en France suivre un Master en études avancées en médias et un autre en économie et a poursuivi un doctorat sur le thème de la propagande sur Internet. C’est après ces études fructueuses qu’il a regagné les studios de Canal Algérie pour l’émission « Startup ».

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