Date : 14/10/2019
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«Le nombre d’entreprises utilisant une usine entièrement connectée devrait doubler d’ici 2022»

Nidam Abdi, Consultant-expert Smart Cities, Directeur de la publication de www.ecoinovatio.com, une plateforme de veille stratégique spécialisée dans les Smart Cities, Smart Energy, Smart Industry et les IoT, revient dans cet entretien sur les enjeux de l’Industrie 4.0.

 

 

N’TIC Magazine : L’industrie 4.0, c’est quoi ?

Nidam Abdi : L’industrie 4.0 concerne la numérisation de l’écosystème de la fabrication et de la transformation des biens d’équipements. Elle désigne aussi la robotisation des usines. Un technicien d’une usine dans la banlieue de Buenos Aires peut arriver à son poste le matin et disposer de données venant d’un collègue de la banlieue de Varsovie.
Prédire devient l’élément essentiel, le poste de premier choix des filières industrielles. Tout s’organise autour de la prévoyance pour gagner en compétitivité dans des activités numériquement mondialisées. Des machines intelligentes pour des usines intelligentes où anticiper est l’atout ou l’enjeu : le moment prochain de la panne, de l’érosion de telle pièce, de la baisse de production et la date et l’heure nécessaire pour une maintenance.

N’TIC Magazine : Quels sont ses leviers et les technologies qu’elle recouvre ?

NA : Ce sont ceux du logiciel du big data qui permet de lire en continu le fonctionnement d’une machine. Les utilisateurs peuvent optimiser les revenus en améliorant la fiabilité et la disponibilité, réduire les coûts d’entretien en remplaçant une maintenance réactive par une maintenance proactive à moindre frais. Diminuer la fréquence des entretiens et la durée en fixant uniquement le matériel qui doit être nécessaire, et même baisser les consommations énergétiques. L’industrie 4.0 c’est un nouvel âge qui nécessite même, une organisation de la mémoire-usine entre génération. Ces dernières années General Electric organisait même des rencontres entre jeunes à la culture forgée par les réseaux sociaux et des experts-métier qui ont une expérience à transmettre. Ces nouveaux opérationnels de l’usine intelligente intègrent de nouvelles expressions dans ce nouveau monde fait de machines truffées de capteurs qui charrient des données par millions.

N’TIC Magazine : Quels sont les enjeux de l’industrie 4.0 ?

NA : À l’aide de ces données, les fabricants ont tout à gagner d’une visibilité sans précédent sur toutes les étapes des processus de fabrication et d’entreposage, y compris le respect de bout en bout de la chaîne logistique, l’expédition et la réception, l’identification des points de défaillance et, globalement, des informations plus complètes sur les processus internes. En raison de ces avantages considérables, le nombre d’entreprises utilisant une usine entièrement connectée devrait doubler d’ici 2022.

Dans une récente enquête sur les entrepôts, trois cadres sur quatre ont indiqué que l’équipement des nouvelles technologies en personnel était une initiative majeure pour améliorer les opérations et optimiser leurs chaînes d’approvisionnement. Ce n’est pas surprenant si l’on considère que, dans une autre étude récente portant sur 1 100 cadres de l’industrie manufacturière de divers secteurs, 62% ont répondu qu’ils utilisaient encore un stylo et du papier pour suivre les étapes de production vitales.

Non seulement les processus manuels de capture et de partage d’informations sont extrêmement inefficaces, mais ils sont également très exposés aux erreurs humaines. Une note tachée concernant un ordre de fabrication ou une vérification accidentelle d’une feuille de travail peut facilement générer des pertes de millions de dollars en produits basés sur des inexactitudes.

N’TIC Magazine : L’Algérie réunit-elle les ingrédients pour s’arrimer à cette révolution industrielle ?

NA : En 2014, j’étais invité en petit comité en France par General Electric, pour la présentation de Predix la plate-forme logicielle du géant américain, pour la collecte et l'analyse de données provenant de machines industrielles. Durant cette présentation, un expert d’origine algérienne de chez Thales a été le plus pertinent en termes de questions. Cela veut dire que les ressources humaines en connaissances sur le sujet de l’industrie 4.0 existent en Algérie comme dans sa diaspora de par le monde. Il manque à mon avis simplement une volonté politique, un écosystème algérien qui permettra l’éclosion d’entreprises du domaine. Cet écosystème pourrait exister si on réunit les trois acteurs nécessaires à cette filière. Une administration de l’Etat et des collectivités locales prêtes à accompagner par des réglementations et des facilités de créations de clusters, un patronat visionnaire pour l’investissement et des laboratoires universitaires pro-réactifs pour fournir des solutions de recherche. C’est en réunissant ces trois données que l’Algérie pourrait espérer de s’arrimer à cette révolution.

N’TIC Magazine : Quels sont les types d’entreprises qui peuvent bénéficier des progrès de l’industrie 4.0 ?

NA : On peut dire que toutes les filières industrielles peuvent être concernées. Dans le cas de l’Algérie on peut imaginer la création d’une industrie 4.0 dédiée à la numérisation des raffineries de la Sonatrach, d’une autre pour la récolte, le traitement et la distribution des dattes comme une troisième pour la robotisation des usines  de production d’aliments de base dérivés du blé dur, entre autres.

N’TIC Magazine : Comment, selon vous, accompagner le développement de cette industrie ?

NA : Pour accompagner le développement de cette industrie, il faut plus ou moins respecter quatre points : D’abord, la promotion de l’investissement privé dans les technologies par le soutien à la recherche, au développement et à l’innovation et la promotion de l’investissement dans le capital-risque et les entreprises en démarrage. En deuxième lieu, il s’agit de la promotion des programmes d’éducation et de développement des compétences de l’Industrie 4.0 ainsi que la création d’un centre de compétences et d’un centre d’innovation numérique. En troisième lieu, il est question de la mise en œuvre du plan ultra haut débit et la collaboration pour la définition des protocoles de communication standard des IoT. Enfin, l’adoption de mesures publiques pour assurer les investissements privés et soutenir les grands investissements dans l’innovation, soit renforcer et innover sur la supervision du marché international. En tout état de cause, une bonne gouvernance politique est essentielle pour réussir des projets industriels 4.0 au plan local comme national.

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